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La gestion des écrans dans une famille recomposée

À l’ère du numérique, les écrans occupent une place croissante dans le quotidien des familles. Télévision, tablettes, smartphones et ordinateurs constituent désormais des supports omniprésents, auxquels les enfants sont exposés de plus en plus précocement. Cette évolution suscite de nombreuses interrogations, tant au sein de la communauté scientifique que chez les professionnels de l’enfance et les parents. Si les recherches mettent en lumière les risques associés à une exposition excessive, les écrans apparaissent également comme des outils intégrés aux dynamiques familiales contemporaines. Dès lors, il convient d’adopter une approche nuancée, permettant d’analyser à la fois les dangers potentiels des écrans pour le développement de l’enfant et les usages encadrés susceptibles de contribuer à l’organisation intrafamiliale.


Les écrans, un danger pour les enfants ?


La littérature scientifique met en évidence qu’une exposition excessive aux écrans chez l’enfant est associée à des retards de développement ainsi qu’à divers problèmes de santé. En effet, le temps consacré aux écrans tend à se substituer aux activités essentielles au développement global de l’enfant, telles que le jeu actif, les interactions sociales et les expériences sensori-motrices. Cette substitution peut entraîner des retards dans l’acquisition des compétences motrices et une diminution des interactions sociales.

Par ailleurs, une exposition prolongée est corrélée à un risque accru de pathologies plus sévères, notamment l’obésité, les troubles de l’attention et les perturbations du sommeil. Ainsi, l’usage excessif des écrans constitue un facteur de risque significatif pour la santé et le développement des enfants, en particulier chez les plus jeunes, dont la vulnérabilité développementale est accrue.


Dans cette perspective, les pédiatres ont formulé des recommandations visant à encadrer l’exposition des mineurs au numérique. Parmi celles-ci figurent les repères dits « 3/6/9/12 ans», qui proposent des balises d’accompagnement adaptées aux différentes étapes du développement de l’enfant, afin de favoriser un usage progressif, encadré et adapté des écrans.


Affiche 3-6-9-12 : Utilisation des écrans selon l'âge
Affiche 3-6-9-12 : Utilisation des écrans selon l'âge

Permettre l’organisation intrafamiliale


En définitive, si l’usage des écrans peut constituer un facteur de risque lorsqu’il est excessif ou inadapté, il n’en demeure pas moins qu’ils occupent désormais une place centrale dans nos environnements familiaux et sociaux. Dès lors, plutôt que d’envisager leur présence sous un angle exclusivement problématique, il apparaît pertinent de les considérer comme des outils, dont l’utilisation peut être encadrée, réfléchie et adaptée aux besoins de l’enfant.

Les écrans constituent des outils pratiques dans le quotidien familial, en particulier pour des parents confrontés à des contraintes organisationnelles importantes, notamment depuis l’épidémie de COVID-19. Les contenus numériques, tels que les jeux ou les dessins animés, peuvent en effet représenter un moyen ponctuel de gestion du temps et de l’attention des enfants.

De surcroît, certaines applications numériques peuvent contribuer à faciliter l’organisation au sein du foyer familial. À titre d’exemple, Nipto propose de transformer les tâches ménagères en un système ludique fondé sur une dynamique de compétition saine, susceptible de renforcer l’engagement et la motivation de l’enfant dans la réalisation de ces activités.



De même, des applications d’organisation telles que FamilyWall peuvent être mobilisées comme outils de planification et de communication. Dans le contexte d’une séparation parentale, ces supports numériques peuvent également constituer des moyens facilitant la coordination et les échanges entre les deux parents, sous réserve d’un usage adapté et sécurisé.






Conclusion


En définitive, la question des écrans dans la vie des enfants ne peut être envisagée de manière strictement binaire. Si la littérature scientifique souligne les risques associés à une exposition excessive et précoce, notamment en matière de développement cognitif, social et physique, elle n’invite pas pour autant à une exclusion totale du numérique. Les écrans constituent désormais une composante structurelle de l’environnement familial et social contemporain.

L’enjeu réside donc moins dans leur présence que dans les modalités de leur utilisation. Un usage encadré, progressif et adapté à l’âge de l’enfant, fondé sur l’accompagnement parental et le respect des besoins développementaux, permet de limiter les risques tout en reconnaissant les fonctions organisationnelles et pratiques que ces outils peuvent remplir au sein du foyer. Ainsi, il s’agit d’inscrire les écrans dans une démarche éducative réfléchie, conciliant protection de l’enfant et adaptation aux réalités familiales actuelles.



Sources:

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